Croquis : Elodie Lacaze
Texte : Michel Waller
Photos : Géraldine Kalt
Depuis combien de jours sommes-nous partis, Tenzin et moi ? Combien de kilomètres avons-nous parcouru depuis Lhassa ? Une seule certitude, nous sommes dans le Changthang, au cœur des hauts-plateaux, la plus inaccessible des régions du Toit du Monde. Son altitude inhospitalière, son climat rude, ses portes scellées par Pékin, ses infinis où le vent perd la raison, n’accueillent pas qui veut.
Michel Waller
Le premier froid, le premier vide, le silence, les premiers pas parmi les Tibétains et la petite fille... Je croise son regard, et elle fait demi-tour pour me suivre, le seul bruit qui vient perturber le silence est le son qui s'échappe de son sifflet et le bruit de nos pas sur le sol... Elle m'emmène vers les temples tibétains, cette découverte me donne la sensation d'être un grand explorateur et l'amuse beaucoup...
Elodie Lacaze
Des moulins à prières tournent jusqu’à l’épuisement. Ici, pour quelques yuans, on vous change votre morceau d’os de yak, pour que votre prière-enfermée dans le moulin- vienne s’exaucer un jour. C’est là, devant le Jokhang, que j’ai enfin compris que j’étais arrivée à Lhassa. Avant ça, je ne sais pas très bien comment, tout s’était enchaîné très vite. Avion. Vues somptueuses sur les Himalayas. «Il faut choisir le siège de gauche sinon vous ne verrez rien du tout» nous a-t-on dit. Alors on a vu. Et on s’est décroché la mâchoire à force . Moi qui n’étais pas sûre du tout d’aimer les montagnes... Non là c’est pas juste des montagnes. Les Himalayas , y a pas de mots. Après, presque engourdie, j’ai filé comme un automate pour récupérer le sac à dos puis faire tout ce qu’on fait toujours dans un aéroport : donner ses papiers , laisser les douaniers vérifier, puis passer son sac aux rayons x. Et tout d’un coup, puisque c’est obligatoire au Tibet nous nous sommes retrouvés avec notre pseudo groupe dans un van. Le groupe, toujours le groupe. Pour arriver à Lhassa depuis Chengdou , il faut un groupe même s’il se dissipe après. Ce sont les Chinois qui nous l’expliquent. Ensuite pour faire simple, on descend au Yak quelque chose. Là, la tête tourne, on marche au ralenti ; pas faim, soif. Tout se fait lentement !
Géraldine Kalt